Les grandes tendances et perspectives sur la bourse et les marchés financiers pour 2017

03 Déc

Les grandes tendances et perspectives sur la bourse et les marchés financiers pour 2017

Je n’ai pas de boule de cristal, mais l’idée de cet article est de passer en revue les grandes perspectives macroéconomiques et d’en déduire quels seront les effets sur les différentes classes d’actifs et ainsi orienter votre stratégie financière pour bénéficier des marchés en 2017. Bien entendu, on fera un focus particulier sur la volatilité pour envisager les tendances et voir comment en profiter au mieux.

Voici la méthodologie que j’ai suivie en sachant que vu que ce qui nous intéresse c’est le trading sur la volatilité américaine, j’ai volontairement axé l’analyse d’un point de vue US et je détaille moins l’Europe ou la France :

  1. Examiner les tendances de la politique monétaire aux États-Unis, en Europe, au Japon et en Chine (dans cet ordre)
  2. Examiner les tendances de la politique budgétaire aux États-Unis
  3. Examiner l’impact de la politique monétaire et budgétaire sur les attentes en matière d’inflation et la croissance de la productivité
  4. Examiner l’incidence des attentes en matière d’inflation et de la croissance de la productivité sur l’activité économique
  5. Traduire les incidences de l’environnement économique sur les gains pour les entreprises
  6. Évaluer la volatilité en fonction de la valorisation et des gains attendus pour les entreprises

 

Politique Monétaire    

Etats-Unis

La FED a remonté 2 fois ses taux en 2017. L’entourage de Trump a confirmé que Yellen avait fait du bon boulot et la politique de la FED devrait donc se poursuivre sur la même ligne. On peut donc imaginer une remontée des taux progressive chaque trimestre avec en ligne de mire un objectif de 2% pour début 2018 surtout que la progression du PIB en 2016 était supérieure à 3%. Ce sont des chiffres encourageants, mais la FED attendra des éléments plus tangibles sur les statistiques du marché de l’emploi, l’inflation des salaires et l’inflation des prix. Par ailleurs, en fonction du comportement des courbes des obligations à 10 ans et à 30 ans, la FED pourrait entamer une politique de contrôle pour éviter une menace sur la croissance économique notamment si les taux dépassent 3-4%. A long terme, la FED cherche à poursuivre son effort d’écrasement de la courbe des taux (aplatissement de la courbe). En synthèse, sur la politique monétaire américaine, l’élection de Trump n’a pas changé la donne en quoi que ce soit, et c’est l’une des raisons qui explique que les marchés sont restés très stables post élection.

Europe

On peut s’attendre à une poursuite de la politique de Quantitative Easing sur la première partie de l’année par la BCE en continuant à racheter des dettes d’entreprises sur les marchés. Ensuite lorsqu’il n’y aura plus d’actifs à racheter puisqu’on parle tout de même de 80 milliards par mois, la BCE commencera à envisager un contrôle de la courbe en jouant sur les maturités des dettes qu’elle rachète. Un peu sur le modèle de la Banque Centrale du Japon, la BCE entend désormais “contrôler la courbe de rendement” des obligations. Elle espère ainsi minimiser l’effet pénalisant des taux négatifs sur les résultats des banques, en tentant de “repentifier” la courbe des taux, c’est-à-dire en provoquant un élargissement de l’écart entre les taux courts et les taux longs, écart qui s’est nettement réduit ces dernières années. Tout dépend à quelle durée elle va s’attaquer en premier, soit aux obligations 10 ans ce qui aurait un effet bénéfique sur l’augmentation de l’inflation, soit plutôt 5 ans. Le retour de l’inflation reste un des principaux objectifs pour 2017 donc à mon sens la BCE va d’abord s’attaquer au rendement des obligations à 10 ans.

Japon

Aucun changement à prévoir. La Banque du Japon a annoncé le contrôle du rendement des obligations. La question est de savoir s’ils vont aller au-delà de 10 ans. En d’autres termes, est-ce qu’ils vont annoncer un contrôle de la courbe des rendements jusqu’à des maturités de 30 ans. Cela dépendra de la façon dont le Yen se comporte. Tant que le yen continue à se déprécier par rapport au dollar américain, il n’y aura aucun changement. Étant donné les taux plus élevés aux États-Unis, je ne pense pas qu’ils vont faire d’autres changements en 2017. Si l’économie japonaise repart fort on pourrait imaginer les voir éliminer le contrôle de rendement sur 10 ans pour venir sur du 5 ans. Cela rendrait le yen plus fort. Si cela arrive, ce ne sera pas avant fin 2017. Le plus susceptible serait que cela intervienne en 2018 lorsque l’inflation recommencera à être une préoccupation.

Chine

Je les vois continuer à dévaluer le Yuan, mais à un moment donné cela risque de tourner à la confrontation avec Trump. Il ne supportera pas cette manipulation de la monnaie et cela imposera la mise en place d’un deal qui consistera notamment à libéraliser le Yuan et en faire une monnaie de marché. La Chine a déjà commencé à travailler sur cette voie, mais l’administration Trump cherchera à l’accélérer de même que l’ouverture des frontières chinoises. On peut envisager une poursuite de la baisse des taux chinois (aujourd’hui à 4,3%) et la poursuite de la transition économique vers une économie de services sur un modèle occidental.

Politique Fiscale

Trump souhaite relancer les grands travaux d’infrastructure sur les 10 prochaines années avec une facture globale d’environ 800 milliards de dollars. En parallèle un plan drastique de réduction de l’impôt sur les sociétés va être mis en œuvre. On ne sait pas encore quel sera le taux retenu mais on peut raisonnablement estimer qu’il sera autour de 25%. L’objectif des États-Unis est de retrouver un taux qui soit compétitif vis-à-vis de leurs concurrents internationaux, bien en deçà du taux actuel de 39%. Enfin Trump vise à réduire la taxe à l’exportation de 35% actuellement à 10 ou 20% de manière permanente en contrepartie de la suppression des exceptions. Trump envisage le rapatriement de capitaux grâce à la mise en place d’une taxe unique de rapatriement qui permettra de financer une partie des projets d’infrastructure.

Tendances par classe d’actif

Les obligations d’état

Les obligations d’état à 10 ans se dirigeront vers les 3% et les obligations à 30 ans vers les 4%. Dès lors que ces niveaux seront atteints, la FED commencera à exercer un contrôle sur la courbe des taux pour les garder sous contrôle. Je n’envisage pas une vente massive d’obligations en 2017. Une grande partie de l’ajustement des marchés obligataires est désormais reflété dans les cotations et désormais on peut s’attendre à un marché en range avec des fluctuations, mais pas de direction claire.

Le dollar US

Le dollar US poursuivra sa remontée en 2017. La principale raison est que le rendement des obligations à 10 ans est autour de 2,5% alors que les rendements japonais et européens stagnent autour de 0%. Cela génère des flux très importants sur les obligations américaines et maintient le dollar fort. Les individus achètent du dollar US pour se protéger de la dévaluation de leur propre monnaie. En plus, un marché actions qui traite à des niveaux élevés supporte la demande sur le dollar. Le dollar US atteindra la parité avec l’Euro et le dépassera pour s’établir aux environs des 0,95 $/€.

Or

il est très probable que l’or continue sa baisse en deçà du seuil des 1100$. Il devrait s’échanger entre 1000$ et 1100$ au début 2017 avant de s’enfoncer en dessous de 1000$. Si l’on entre dans une phase de baisse plus active, il pourra toucher la barre des 900$ mais 1000$ constitue un seuil psychologique important et un support de long terme qu’il sera difficile de briser en 2017. Tandis que 2016 a été une année très positive pour l’or, 2017 sera une mauvaise année. Une hausse des taux d’intérêt et une amélioration globale au niveau macroéconomique poussera les acteurs de marché à aller cherche du gain en capital et en dividendes et à diminuer les protections et l’or en pâtira, puisque c’est l’actif refuge par excellence. Les minières vont en souffrir et ce sera l’une des pires classes d’actifs où placer son argent en 2017.

Pétrole

Le pétrole poursuivra sa tendance haussière, mais avec pas mal de contrôle. L’administration Trump n’a pas intérêt à un pétrole trop haut qui rendrait les russes ou les saoudiens trop confiants, ce qui signifie qu’on peut s’attendre à un prix du baril oscillant entre 50 et 70$ avec une moyenne annuelle autour de 60$. C’est un prix très bénéfique aux Américains qui leur permettent de limiter le coût énergétique pour les entreprises et ne sont donc pas répercutés sur le consommateur.

Economie américaine

Le PIB devrait atteindre une croissance de 3,5% du fait que les consommateurs verront leur pouvoir d’achat croitre et seront plus à même de dépenser poussés par la croissance des salaires et le niveau élevé de confiance des ménages. La croissance du PIB sera également portée par les grands travaux d’infrastructure et les dépenses militaires. Ces différents facteurs devraient booster le PIB autour de 3,5% de croissance pour 2017 en parallèle d’une inflation autour de 2% et d’une productivité améliorée. Le taux de chômage continuera d’être sous le seuil des 5%.

Marché actions US

La plupart des grands noms des technos vont poursuivre leur progression et notamment les sociétés actives dans les media et la publicité comme Facebook. Il est certain que la règlementation qui se renforce induira certains coûts supplémentaires, d’un autre côté la règlementation accrue jouera aussi un rôle positif en rendant certains services plus acceptables pour une classe plus large de la population et au global l’effet positif l’emportera. Les entreprises purement technologiques qui fabriquent des semi-conducteurs ou fournissent des services de cloud computing continueront à progresser et à générer des rentabilités en forte croissance (pensez à Nvidia ou Microsoft par exemple). Il est difficile d’imaginer où est ce que la vague des techs s’arrêtera. Les valeurs financières vont poursuivre à bien se comporter dans un régime d’augmentation des taux court terme et de progression de l’activité de prêt et crédits. Les valeurs industrielles vont bénéficier de la croissance des dépenses d’infrastructure. Les valeurs énergétiques profiteront de la hausse des prix du pétrole. Les valeurs des biens à la consommation progresseront en lien avec l’augmentation du pouvoir d’achat et des salaires. La démographie de la génération Y va booster le secteur de la construction et des biens durables avec une reprise de la natalité. Les secteurs comme les Utilities ou la santé devraient être plus faibles et plus volatils, mais l’un dans l’autre, tous les secteurs devraient être en progression du fait de l’accélération de l’économie.

Je m’attends à ce que les sociétés qui composent l’indice S&P 500 commencent à publier des résultats qui soient plus près des prévisions des analystes. Tandis que l’erreur moyenne a été de -15 % du quatrième trimestre 2014 au deuxième trimestre 2016, je m’attends à une moyenne trimestrielle avec une erreur autour de -5 %. La raison qui explique cette diminution de l’erreur moyenne entre résultats et prévisions est l’accélération de la croissance et les cours du pétrole plus soutenus. D’un autre côté, les baisses d’impôts seront en partie compensées par un dollar fort en 2017 et des coûts de financement plus élevés pour les entreprises. Les attentes pour 2017 en termes d’earnings sur le S&P500 sont de 122$, donc si j’applique une marge d’erreur de -5 %, cela me donne 115$ pour 2017 ce qui représenterait tout de même une belle hausse de 15 % par rapport à 2016. Je m’attends à ce que le PER (Price Earning Ratio) se concentre autour de la zone des 23-24 du fait que les taux de la FED soient remontés très graduellement et que la courbe les obligations à long terme augmente de manière sensible. On peut estimer, que cela booste les opérations de rachat d’actions et de dividendes ce qui gardera une pression sur les multiples de PER. Un PER de 23 avec des earnings autour de 115$ me donne un objectif pour le SPX de 2650. Cela signifie donc un rendement de 20 % pour le SPX en 2017.

Volatilité

Je m’attends à ce que 2017 soient une année peu volatile aussi bien sur la volatilité réelle constatée que sur la volatilité prévisionnelle (VIX), un peu dans la lignée de l’année 2013 lorsque la volatilité réelle annuelle était à 11 % et la moyenne de la volatilité attendue (VIX) était à 14,23. Historiquement, la plus faible année en termes de volatilité tant réalisée que prévisionnelle depuis 1190 a été 1995 avec 7,7 % de volatilité réalisée et 12,3 en moyenne sur le VIX. Bien que je ne m’attends pas à un record à la baisse sur la volatilité, je m’attends à ce que les marchés soient aussi calmes que ce qu’ils étaient en 2013 après la réélection d’Obama.

Tout au long de l’année, la réalisation des objectifs de résultats des entreprises fournira un socle solide pour la progression des marchés. Le dollar US fort attirera les capitaux étrangers et la plupart du cash qui dort aujourd’hui sera alloué sur le marché actions, puisque les acteurs chercheront du rendement et des gains en capital dans un environnement de nouveau inflationniste. Évidemment, le marché ne progressera pas de manière linéaire, et on peut s’attendre à des corrections de 5 % environ, mais je ne m’attends pas à une correction de l’ordre de 10 % en 2017.

Je m’attends donc à un VIX faible et une courbe de structure de volatilité (“Term Structure”) relativement plate. Puisque le VIX ne devrait pas aller toucher des niveaux très élevés, la majorité des gains sur le XIV viendront du contango rollover et puisque la courbe devrait être plus plate qu’en 2016, je m’attends à ce que les gains mensuels soient assez mesurés. Mais globalement sur l’année je m’attends à une performance du XIV autour de 100 % en 2017 avec un XIV qui viendra toucher les 90 avant la fin de l’année.

Synthèse

Classe d’actif Objectif 2017
Hausse des taux 2 (Juin, Décembre)
Taux FED 1%
US Dollar 110
Taux de change €/$ 1,00
10-Year Treasury Yield 2,75%
Or 1000
Pétrole 50-70 (Moyenne 60)
Croissance PIB US 3,5%
Inflation 2%
Taux de chômage US 4,7%
S&P 500 2650
SPX Performance 20%
# of 10% Corrections 0
# of 5% Corrections 2
Moyenne VIX 14,5
Moyenne Contango 7%
Moyenne Roll Yield 5%
XIV 90
XIV Performance 100%

Autres classes d’actifs pouvant réserver des surprises

EWI

L’ETF italien (EWI) traite proche de ses plus bas historiques. Il stagne depuis maintenant environ trois ans. Dès que l’euro atteindre la parité avec le dollar ou traitera en dessous de cette parité, il sera temps d’acheter tout ce qui bouge en Italie. Les maisons toscanes, un appartement à Venise, etc. car à partir de ce moment vous pourrez jouer un fort rebond. Les actions italiennes sont très bon marché. Une fois que les problématiques des banques italiennes seront résolues, s’intéresser au EWI peut s’avérer être un des paris les plus performants de 2017.

EWW

L’ETF mexicain (EWW) a fortement chuté, mais dès lors que le plan de Trump sera finalisé et dès lors que de nouveaux accords de libre-échange seront mis en place, les marchés mexicains devraient booster. L’élection de Donald Trump pourrait finalement s’avérer une bonne chose pour le Mexique puisqu’il permettra aux autorités de nettoyer les cartels et d’établir la base d’une nouvelle prospérité. Le peso a été exagérément survendu, et un rebond à partir du moment où le dollar aura atteint son pic n’est pas à exclure.

EEM

L’ETF des marchés émergents (EEM) stagne à des niveaux faibles, mais là encore dès que le dollar aura atteint un pic, cela vaudra le coup de s’intéresser de près au EEM. Non seulement car si vous investissez en dollars ou en euros vous bénéficierez de la croissance accélérée des marchés émergents et ce à des valorisations très attractives mais aussi car la Chine pourrait bénéficier d’accords bilatéraux avec les États-Unis.

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