Les fondamentaux du trading de volatilité

Introduction au trading de volatilité : Comment bien débuter ?

Les boursicoteurs adorent le marché actions et ils adorent détenir des actions. Le rêve pour un investisseur c’est d’acheter un super produit ou un super service puis d’acheter les actions de la société qui les fabrique pour les détenir sur le long terme et faire fortune à partir de l’investissement initial.

C’est l’essence même du capitalisme.

Apple, Microsoft, Procter & Gamble la liste est longue. Ça paraît tellement facile acheter un iPhone détenir des actions Apple et partir en vacances avec plein de profits. Mais pour chaque succès comme Apple il y a cinq échecs comme Blackberry. Bien que Blackberry ait été une très belle société, l’action Blackberry n’a pas représenté un bon investissement depuis 2007 lorsque la plupart des investisseurs de ma génération devinrent en âge d’investir. Tandis que Microsoft avait triplé son chiffre d’affaires et sa rentabilité depuis 2000, l’action a connu une longue descente aux enfers. En même temps une compagnie comme Amazon ou Salesforce qui n’étaient pas forcément rentable ont atteint des sommets en bourse.

Pour chaque succès comme Apple, il y a cinq échecs comme Blackberry

L’analyse fondamentale seule n’explique pas ou ne fournit pas un guide précis pour réussir en bourse. Les cours des marchés actions sont largement impactés par les sentiments des acteurs sur ce marché et par la combinaison de ce que pensent les particuliers et les institutionnels à propos d’une action. C’est un sentiment positif et les perspectives positives qui font que des actions de sociétés non rentables vont atteindre des sommets et c’est un sentiment négatif et des perspectives négatives qui entraînent le cours d’une action qui génère des dividendes, à la baisse. Au-delà de prévoir de quel côté le sentiment des acteurs de marché va pencher, le boursicoteur supporte un risque substantiel. Une action peut perdre 25 % de sa valeur en un seul jour si les attentes de résultats sont décevantes. Elle peut perdre 50 % de sa valeur si le PDG démissionne de manière inattendue. Elle peut perdre 80 % de sa valeur en un seul jour si un procès ou une « class action » est intentée à l’encontre de la société. La plupart de ces événements interviennent sans crier gare et les investisseurs se retrouvent piégés.

Et n’oubliez pas qu’une fois que vous perdez 50 % d’une valeur vous avez besoin d’une performance de +100 % pour retrouver votre niveau initial !

Trouver des actions qui vont doubler est bien plus compliqué que de trouver des actions qui vont perdre 50 % de leur valeur. Pour cette raison la plupart des investisseurs diversifient leurs portefeuilles et investissent sur 10 actions ou plus. Cependant, suivre 10 ou 20 sociétés différentes est un travail relativement fastidieux. Cela implique de suivre les publications trimestrielles, de lire les communiqués, de suivre l’activité, d’évaluer les menaces concurrentielles, etc. Tout cela est finalement très consommateur de temps. Si vous êtes salarié par ailleurs comme infirmière, commerçant, restaurateur ou ingénieur vous est très pris par vos obligations professionnelles, apprendre de nouvelles techniques, vous former, vous mettre à jour sur les autorisations, et entre le travail et la famille, vous n’avez plus que très peu de temps disponible pour suivre 20 actions.

Ce qu’il se passe, c’est qu’à cause de ce montant de temps limité et d’une information parcellaire, la plupart des boursicoteurs parient sur un jeu qui n’a pas beaucoup plus de chances de réussir qu’une course de chevaux. Les investisseurs qui possèdent des portefeuilles très performants sont très peu nombreux, parmi des millions de boursicoteurs seuls 0,1 % obtiendront la bonne combinaison des 20 à 30 actions parmi les milliers qui traitent en bourse. Ces investisseurs se considéreront comme de bons investisseurs, mais sont-ils réellement bon ou simplement très chanceux ?

La plupart des boursicoteurs parient sur un jeu qui n’a pas beaucoup plus de chances de réussir qu’une course de chevaux…

La réalité peu glorieuse de la sélection d’actions a permis l’émergence des ETFs ou trackers qui représentent des indices boursiers ou des paniers d’actions. Cela permet aux investisseurs d’outrepasser la sélection des actions et les risques inhérents et donc de trader un panier d’actions généralement autour d’un thème.

Par exemple, s’il s’agit de l’économie américaine cela passe par le SPDR S&P 500 ETF ou s’il s’agit des nouvelles technologies via le PowerShares Nasdaq ETF ou les bons du Trésor américain via iShares 20+ Year Treasury Bond ETF ou l’or via le SPDR Gold Shares. Il existe désormais des dizaines de milliers d’ETFs pour tous les goûts. L’investissement à travers un ETF permet de rapprocher le particulier investisseur de la gestion des institutionnels.

Les investisseurs institutionnels sont principalement des fonds de pension, des hedge funds, des desk de gestion pour compte propre des banques et d’autres investisseurs aux poches profondes. Les investisseurs institutionnels regardent les univers d’investissement en termes de classes d’actifs : actions, obligations, matières premières. Chaque jour, ils se posent la question de savoir où allouer leur argent : doivent-ils investir en actions, obligations ou matières premières ?

La plupart des institutionnels ont des comités d’investissement qui comprennent des spécialistes de la construction de portefeuilles, des spécialistes du risque, des économistes et des équipes de recherches sur tel ou tel marché. Tous, doivent se mettre d’accord avant que l’investissement ne soit réalisé et ils ont une pléthore de systèmes et d’outils d’investissement qui ont été construits au fur et mesure des années qui leur permettent de prendre les bonnes décisions. Bien que les particuliers puissent désormais allouer leur argent de la même manière, ils n’ont simplement pas les mêmes outils et la même profondeur d’information. Les ETFs, de la même manière que les actions montent et descendent et représentent un risque de perte en capital. Chaque classe d’actifs où chaque ETF peut subir une perte de 50 % à n’importe quel moment. Le S&P 500 Index a connu deux pertes de 50 % dans les 15 dernières années. Le Nasdaq a perdu 80 % de sa valeur après l’explosion de la bulle Internet. L’or a connu récemment une phase de baisse de 40 %. Le marché actions au Japon a subi une perte de 80 % sur 20 ans dans les années 90 et 2000.

Bien que les ETFs représentent un risque, les mouvements et la volatilité qu’ils subissent sont bien moins dramatiques que les actions individuelles et doivent donc être les instruments privilégiés pour l’investissement par les particuliers.

Les principes mathématiques d’une perte en bourse et de son comblement pour revenir break even sont exprimés de manière succincte par Warren Buffet : « La règle numéro un de l’investissement est de ne pas perdre d’argent. Règle numéro deux : regarder à nouveau la règle numéro un ».

Tandis que la plupart des blogs sur la bourse ou des livres sur l’investissement se focalisent sur la beauté des intérêts composés et les liens fantastiques que cela peut permettre de délivrer sur longue période de temps, ils omettent consciencieusement ou pas que chaque classe d’actifs a un prix et que ce prix fluctue aussi bien la hausse qu’à la baisse. Et si ce prix fluctue à la baisse sur une longue période, les intérêts composés ou les dividendes peuvent ne pas suffire à simplement revenir à votre investissement initial. Pour rappel, si votre investissement perd 20 % vous avez besoin de générer 25 % pour simplement revenir à votre position initiale. Si vous perdez 30 % vous avez besoin d’une hausse de 43 % pour revenir break even. Si vous perdez 50 %, le gain requis est de 100 % et enfin si vous subissez une perte de 60 % vous aurez besoin d’une hausse de 150 % pour simplement revenir à votre niveau initial. Plus fort votre investissement chute, plus haute sera la falaise à remonter pour revenir au niveau initial. Et une fois qu’une classe d’actifs a perdu son intérêt de la part des investisseurs, il n’est pas du tout certain qu’elle retrouvera une certaine attractivité dans un laps de temps court. Parfois, cela prend des décennies pour que les classes d’actifs reviennent à leur niveau initial. Regardez par exemple ce qui s’est passé sur le Nasdaq ou sur le marché des actions Japon par exemple.

Les principales capitalisations américaines qui sont contenues dans le S&P 500, considéré comme l’un des investissements les plus sûrs du monde, tout au moins au niveau des actions, ont connu deux pertes de 50 % dans les 15 dernières années ! Et si investisseur peut subir une perte de 50 % sur le S&P 500 index, il peut subir bien pire sur n’importe quelle autre classe d’actifs. Ainsi, un investisseur a besoin de prendre une décision pour savoir quand investir sur une certaine classe d’actifs et quand il vaut mieux désinvestir. Rester collé pendant les mauvaises périodes ne fonctionne pas en stratégie boursière. La plupart des nouveaux investisseurs essaient inévitablement de rester investis pendant les périodes compliquées comme si cela marchait dans la réalité. Faire cela aura un impact défavorable inévitable sur la valeur de leur portefeuille et ils finiront forcément avec une valeur moindre que celle de départ. La plupart des investisseurs ne disposent pas de 10 ou 20 ans devant eux afin d’attendre que leur mauvais choix d’investissement revienne au niveau départ. Et même si vous avez ce temps, c’est une grosse perte de temps que d’attendre. Les jeunes générations, qui ont plus d’emprunt que les générations précédentes car les études et l’immobilier sont plus chers n’ont pas le luxe de pouvoir attendre plusieurs années. Ainsi, les investisseurs sont inévitablement confrontés à la problématique de la valorisation d’un actif (est-ce que cet investissement est cher ou bon marché) et la problématique du timing : est-ce que je dois investir maintenant ou est-ce que je dois désinvestir ou enfin est-ce que je dois investir plus tard ?

Alors que les médias ont tendance à froncer les sourcils dès qu’il s’agit de parler de timing du marché, la vérité est que le timing du marché (ou entrer et sortir du marché au bon moment) est l’essence du capitalisme. Dans un marché libre, les actifs peuvent être bon marché ou bien ils peuvent être chers.

Vous ne pouvez pas créer de la richesse sans vendre à un moment donné. Mais avant de vendre, vous avez besoin d’acheter. Pour devenir un acheteur, vous avez besoin d’avoir du capital. Si vous n’avez pas hérité de votre capital, vous devez avoir vendu quelque chose d’abord pour obtenir ce capital. Ainsi la génération de richesses provient simplement de la progression d’activités de vente et d’achat. Acheter et vendre est l’une des caractéristiques premières du marché actions et du capitalisme libéral, à l’inverse de l’achat conservation sur le long terme (qu’on appelle une logique « buy and hold »).

En fait, les meilleurs investisseurs sont ceux qui savent entrer et sortir du marché au bon moment. Warrant Buffet a rarement acheté une action chère ou en haut de cycle. Il attend que la valorisation soit sous la valorisation liée à la génération fondamentale de cash-flow pour acheter. Lorsque le marché ne présente pas d’opportunités, Warren Buffet attend patiemment avec son cash. George Soros, David Tepper, John Paulson, tous les plus grands investisseurs financiers la planète sont des market timers. Le market timing est l’essence de l’investissement et un bon investisseur doit être capable de timer le marché avec une précision « raisonnable ».

La vérité est que le timing du marché est l’essence du capitalisme

La réponse est claire : les produits de trading sur la volatilité peuvent vous aider à affûter vos compétences de Market timing. La volatilité en tant que classe d’actifs n’existait pas jusqu’en 2009. Le premier ETF disponible sur la volatilité : iPath S&P 500 VIX Short Term Futures ETN (VXX) a été lancé le 30 janvier 2009. Son corollaire inverse le VelocityShares Daily Inverse VIX Short Term Futures ETN (XIV) a été lancé le 30 novembre 2010, il réplique la baisse de la volatilité. Les autres ETFs qui sont le SVXY (1x short volatility) et UVXY (2x long volatility) ont été lancés en octobre 2011. Aujourd’hui il existe des dizaines de trackers sur la volatilité : VIXY, VXZ, VIXM, XVIX, VIIX, VIIZ, ZIV, etc. Mon but n’est pas de tous les couvrir. Si cela vous intéresse, en cherchant sur Internet vous pourrez trouver une liste complète assez facilement.

La volatilité est une classe d’actifs relativement nouvelle, ce qui explique qu’il y a assez peu de littérature sur le sujet dans le monde anglophone et en français c’est simplement le néant total. Cela explique que la plupart des investisseurs ne soient pas du tout familiers avec cet actif.

Au préalable, il est important de comprendre que bien que les trackers sur la volatilité sont influencés par le VIX, ils n’évoluent pas de manière totalement symétriques avec l’index VIX. VXX peut baisser alors que VIX peut monter, XIV peut monter alors que VIX monte également. La raison est simple, elle réside dans la structuration de ces ETFs. Dans l’optique de répliquer le VIX, ces ETFs achètent et vendent les futures VIX tradés sur le Chicago Board of Exchange. Le processus d’achat vente sont censés répliquer le VIX mais sont en fait le reflet de la courbe des futures VIX. Ainsi, certains ETF surperforment le VIX lui-même et d’autres sous performent le VIX. L’objectif de Volatilité Trader est de vous aider à naviguer parmi les bases du trading sur la volatilité. Je vous invite à lire également mon ebook qui est un bon complément à l’initiation sur le trading de volatilité et qui s’intitule : « Pourquoi le trading de volatilité est la stratégie la plus rentable au monde ? ».

L’un des premiers mandats des banques centrales est de supprimer la volatilité des prix. La politique de prix stables fait partie du mandat de la Fed aux États-Unis et de la banque centrale européenne chez nous. Les banques centrales ne souhaitent pas que les indices chutent de 50 %, en réalité elles ne veulent pas non plus qu’ils baissent de 10 %. Elles cherchent à ce que les indices augmentent légèrement ou restent dans un tunnel sans véritablement se soucier des valorisations fondamentales. Les paniques sur les marchés actions et les fortes baisses des effets vont bien au-delà des marchés financiers et se répercutent sur l’ensemble de l’économie, et les crises de 2000 et de 2008 ont amené des récessions. La FED et les autres banques centrales souhaitent éviter que ces épisodes ne se répètent et dans ce cadre cherchent à éliminer la volatilité. La banque centrale du Japon, par exemple, achète les futures du marché actions directement dans le marché. Les banques centrales d’autres petits pays achètent également des actions. Je n’entre pas dans les considérations de savoir si cela est bien ou pas, il s’agit juste d’éléments factuels et en tant qu’investisseur il faut savoir en tirer un avantage. Les ETFs sur la volatilité vous permettent de trader les politiques des banques centrales directement.

La volatilité est une classe d’actifs relativement nouvelle, ce qui explique qu’il y a assez peu de littérature sur le sujet dans le monde anglophone. Et en français c’est simplement le néant total…

Vous pouvez profiter de ces marchés contrôlés par les banques centrales en intégrant dans votre portefeuille d’actifs, des produits de volatilité qui vont surperformer. Vous savez que la volatilité va être réduite, en revanche il est compliqué de prévoir les profits de telle ou telle société et si telle ou telle société va continuer à délivrer les attentes du marché. Donc plutôt que de traiter à l’aveugle sur les profits et les valorisations des sociétés, il est plus simple de trader directement la politique des banques centrales au travers des ETFs sur la volatilité. Je vous recommande de ne trader que les plus gros ETFs et les plus liquides et sans effet de levier (la volatilité donne suffisamment de sueurs froides sans qu’il soit nécessaire d’en rajouter).

ETF/ETN Description Capitalisation Commentaires
VXX S&P 500 VIX Short-Term Futures ETN 1,1 milliard de dollars C’est un ETF long volatilité 1x (donc sans levier). Il est supposé suivre les mouvements quotidiens du VIX. Bien que sa corrélation quotidienne avec le VIX soit supérieure à 90%, à cause du contango, ce produit détenu pendant trop de temps peut se révéler fatal car il tend vers 0. Il est principalement utilisé par les day traders et ne doit être utilisé que pendant des périodes de temps courtes durant les bear markets.
XIV Daily Inverse VIX Short-Term ETN 560 millions de
dollars
C’est un ETF short volatilité. Il est supposé répliquer les mouvements inverses du VIX. Bien qu’il possède une excellente corrélation inverse avec les mouvements quotidiens du VIX, grâce au contango ce produit surperforme son benchmark (l’inverse du VIX). C’est un bon produit sur le long terme même s’il est important de mettre en place une stratégie pour pouvoir timer au mieux ses entrées et sorties.
SVXY Short VIX Short-Term Futures ETF 200 millions de
dollars
Produit similaire au XIV mais avec il offre la possibilité de bénéficier d’options (call et put)

Puisque vous savez que les banques centrales ont un mandat pour réduire la volatilité, vous devez vous concentrer sur les ETF/ETNs qui shortent (jouer à la baisse) la volatilité soit le XIV et le SVXY. Ces 2 trackers sont identiques donc je poursuis en parlant du XIV mais les mêmes considérations s’appliquent sur le SVXY.

L’avantage offert par les ETFs qui shortent la volatilité est assez considérable surtout en regard du risque relatif. Depuis 2012, l’ETF XIV a largement surperformé le tracker de référence du marché actions (SPY qui réplique l’indice S&P 500). Durant les années de bull market 2012 et 2013 ainsi que tout récemment en 016, le XIV a affiché une performance supérieure à 100% sur l’année !

Année Performance Annuelle
  SPY (S&P 500) XIV (Inverse VIX)
2016 10,4% 105,4%
2015 4,09% 48,01%
2014 11,29% -9,42%
2013 33,52% 107,23%
2012 15,99% 154,84%

Depuis 2012, la performance du XIV est supérieure à 580% et surperforme largement celle du SPY qui ressort à 78% surtout dans un contexte de bonne performance du marché actions. Le rendement annuel moyen du marché actions se situant plutôt autour de 9% historiquement.

Pour être un bon trader de volatilité, vous devez comprendre ce qu’est la volatilité et surtout ce qui anime les trackers relatifs, de cette manière vous pourrez mieux timer le marché et vous serez capable de protéger votre portefeuille contre les variations du marché actions.

Le VXX achète le future VIX du mois n+1 et vend le future VIX du mois n sur une base quotidienne. Le XIV vend le future VIX du mois n+1 et rachète le future VIX du mois n. Plus l’on se rapproche de la date d’expiration du future du mois n plus le nombre de futures VIX du mois n va baisser au profit des futures VIX du mois n+1. Le nombre est proportionnel au temps qu’il reste avant l’expiration. La répartition entre les futures VIX du mois n et du mois n+1 est disponible sur les sites des émetteurs des trackers.

En d’autres termes, le fonctionnement des trackers VIX, que ce soit le XIV, le VXX ou le SVXY est similaire. Chaque fonds possède un mécanisme de roulement quotidien (“rolling yield”) afin de maintenir une maturité constante de 30 jours pour refléter le VIX qui correspond à l’anticipation de la volatilité implicite sur 30 jours. Les fonds ETPs qui sont donc investis sur les contrats futures des 2 mois les plus proches opèrent un mécanisme de roulement. Le fonds détient un mix du contrat future 1 mois et du contrat future 2 mois. Chaque jour le fonds vend une portion de sa participation dans le contrat future du mois le plus proche et achète en remplacement une portion du mois suivant afin de garder une maturité de 30 jours constante.

Par exemple si je prends un exemple au 2 septembre 2016, le contrat Septembre 2016 (expiration au 20/09) cotait 13,945 et le contrat Octobre 2016 (expiration au 18/10) cotait 16,355, puisque le tracker VIX (code VXX) vise à maintenir une maturité constante de 30 jours, ce fonds va vendre chaque jour un pourcentage de contrats futures du mois de septembre 2016 pour acheter du contrat d’octobre 2016. Au 2 septembre le fonds détenait donc 41,85% de contrats septembre et 58,15% de contrats octobre et à l’expiration du contrat septembre, le 20/09, le fonds détiendra 100% de contrats octobre et commencera ensuite à basculer sur le contrat novembre 2016. Pour connaitre la composition quotidienne du VXX, on peut consulter le site de l’émetteur du tracker :

Composition du VXX

Ainsi, puisque les trackers XIV et VXX sont très liés à l’évolution des futures du mois 1 (VX1) et à l’évolution des futures du mois 2 (VX2) du fait même de leur composition, on comprend que le contango joue un rôle essentiel.

Le contango c’est simplement la différence entre le VX1 et le VX2 exprimée en pourcentage : (VX2/VX1) – 1.

Tant que le contango est positif (donc que le mois 1 est inférieur au mois 2) et élevé, cela signifie que le XIV va croître même si le S&P500, le taux spot du VIX et les futures VIX restent stables sur la journée. Par exemple, si le contango est à 10%, cela va entrainer une augmentation automatique du XIV de 0,5% sous réserve que le VIX n’ait pas bougé. Pourquoi 0,5% ? Parce que vous divisez le contango par le nombre de jours de trading du VX1 avant qu’il n’expire puisque chaque jour une portion de VX2 sera vendue pour acheter le VX1 (« sell high buy low »). Un mois classique VX1 comprend entre 20 et 25 jours de trading. Donc si le contango s’élève à 10% et qu’il y a 20 jours ouvrés de trading sur le future VX1, vous divisez 10% par 20 et vous obtenez 0,5%. Imaginons que l’on soit le 2 janvier, le future de janvier cote à 20, expire le 18 janvier et il y avait 20 jours dans le mois, le future de février cote à 22. Le contango est bien de 10% (22/20-1) et chaque jour le XIV va vendre du février à 22 en se couvrant avec l’achat du janvier à 20 et donc progresser de 0,5% par jour en vendant à un cours plus élevé (22) que le cours racheté (20). Ceci en partant du principe que le VIX reste stable.

Si la moyenne du contango est élevée, on peut s’attendre à ce que le XIV continue d’augmenter alors que le S&P 500 stagne, c’est ce qui explique que sur le long terme le XIV surperforme largement le S&P 500. Il faut bien comprendre que ce n’est pas un résultat artificiel qui serait dû à une forte demande des investisseurs à l’achat sur le XIV. L’offre et la demande n’ont aucun impact sur le cours des trackers de volatilité. L’ETF XIV évolue simplement de manière mathématique en suivant sa formule d’achat et de vente de VX1 et VX2 et quel que soit le nombre d’acheteurs ou de vendeurs. S’il y a plus de demande, l’émetteur du tracker émet plus de titres et s’il y en a moins ils réduisent le nombre de titres en circulation. Mais le cours du tracker suit simplement sa formule mathématique. Donc tant que le cours spot du VIX est faible et que le contango est élevé, il n’y aucune limite à la hausse pour le XIV et vice versa, il n’y a pas de limite basse pour le VXX.

Cependant, il ne faut pas croire que le contango est la seule raison de l’évolution du XIV. Si le marché chute et que les futures VIX se réajustent à la hausse et que le VX1 devient supérieur au VX2 (formation de la courbe appelée backwardation). Cela va entrainer une perte sur le XIV qui peut durer un ou deux jours pendant la phase de vente sur le marché et peut vous faire perdre de l’argent rapidement. C’est pourquoi, même si le XIV peut se révéler un instrument d’investissement passif assez puissant, il doit être surveillé constamment au moyen de certains indicateurs pour éviter les grosses périodes de drawdowns qui arrivent inévitablement (regardez par exemple la performance du XIV pendant la seconde moitié de l’année 2014).

Pour en savoir plus sur le trading de volatilité, en comprendre les rudiments et découvrir des stratégies simples à mettre en œuvre, vous pouvez télécharger mon ebook.

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