Les grandes tendances et perspectives sur la bourse et les marchés financiers pour 2019

22 Déc

Les grandes tendances et perspectives sur la bourse et les marchés financiers pour 2019

Je n’ai pas de boule de cristal, mais l’idée de cet article est de passer en revue les grandes perspectives macroéconomiques et d’en déduire quels seront les effets sur les différentes classes d’actifs et ainsi orienter votre stratégie financière pour bénéficier des marchés en 2019. J’ai commencé cet article en Novembre après les élections américaines et malgré les secousses sur les marchés depuis mi-décembre, les perspectives restent toujours parfaitement valides.

Voici la méthodologie que j’ai suivie en sachant que vu que ce qui nous intéresse c’est le trading sur la volatilité américaine, j’ai volontairement axé l’analyse d’un point de vue US :

  1. Examiner les tendances de la politique monétaire aux États-Unis, en Europe, au Japon et en Chine (dans cet ordre)
  2. Examiner les tendances de la politique budgétaire aux États-Unis
  3. Examiner l’impact de la politique monétaire et budgétaire sur les attentes en matière d’inflation et la croissance de la productivité
  4. Examiner l’incidence des attentes en matière d’inflation et de la croissance de la productivité sur l’activité économique
  5. Traduire les incidences de l’environnement économique sur les gains pour les entreprises
  6. Évaluer la volatilité en fonction de la valorisation et des gains attendus pour les entreprises

 

Grandes classes d’actifs

Obligations d’État Américaines

Le rendement des obligations à 10 ans – 10-Year Treasury Yield (TNX) – va s’accélérer fortement en 2019 et atteindra la barre des 4 % alors que la croissance du PIB commence à se stabiliser autour des 4 %. Le changement interviendra probablement au cours du second semestre de l’année. Les opérateurs obligataires s’attendent toujours à un ralentissement de la croissance en 2019 parce que beaucoup privilégient la thèse dite du « sugar high » de 2018 (économie euphorique en d’autres termes avec beaucoup d’indicateurs au vert), ignorant complètement que 2019 apportera une accélération de la croissance du PIB et de l’inflation en raison de l’inattendu stimulus fiscal apporté par Trump. Ainsi, les marchés obligataires auront un “éclair de lucidité” au cours de l’été 2019, lorsque le marché regardera en arrière et contemplera une accélération de la croissance aux États-Unis depuis les 4 années dernières années, puis le rendement des obligations à 10 ans atteindra finalement un sommet pour culminer dans la zone des 4%. N’oublions pas que nous sommes passés de 1,5 % en 2016 à 2,2 % en 2017, puis à 3,5 % en 2018 et qu’une fois que nous commencerons à nous approcher des 4 % avec régularité en 2019, le marché obligataire finira finalement par jeter l’éponge. De plus, je ne pense pas que les marchés obligataires étrangers seront en mesure de résister face aux rendements américains. La demande pour des bons du Trésor américain (US treasuries) ne suffira pas à maintenir les rendements à un bas niveau. Il n’y aura pas assez d’acheteurs étrangers pour compenser les détenteurs qui, pris au dépourvu, seront forcés de vendre à cause d’une l’inflation de 3 % et du risque élevé sur la durée. La divergence entre les rendements aux États-Unis et à l’étranger continuera de s’accélérer, ce qui, en soi, déclenchera une certaine instabilité financière à mesure que certains carry trades exploseront. Plus important encore, étant donné que l’économie américaine connaîtra une forte croissance, du jamais vu depuis 30 ans, la courbe des taux devrait s’accentuer et toute la courbe continuera de monter, ce qui constitue une grosse problématique pour tous les détenteurs d’actifs.

Cible : 4,25 %

 

Dollar US

Le dollar américain continue de se raffermir à mesure que les taux aux États-Unis continuent de grimper alors que les taux à l’étranger restent dormants ou n’augmentent que de façon marginale. L’économie américaine continuera de surpasser les économies étrangères. Le dollar américain devrait être beaucoup plus fort, mais l’administration de Trump est fermement décidée à stabiliser le dollar roi et ne laissera pas son appréciation échapper à tout contrôle. Elle va continuer de tenter de maîtriser son évolution. Je pense toujours que l’indice du dollar américain atteindra le niveau 100 et au-delà en 2019, mais qu’il ne dépassera pas de beaucoup celui de 105.

Cible : 102

 

Or

Je persiste à conserver une position à la baisse concernant l’or. L’or est resté stagnant, se maintenant dans la zone des 1200-1300 en 2018 tout comme en 2017. Mais je pense que l’or finira par capituler et repartira à la baisse. Cela aura pris une éternité, mais le marché finira par lâcher prise. Comme les taux d’intérêt réels aux États-Unis deviennent positifs et qu’il est clair que les perspectives économiques américaines demeurent très bonnes depuis la perception d’un « sugar high », la pression baissière sur l’or va considérablement augmenter et nous allons assister à des cessions d’or qui vont s’éterniser. La même chose va aussi se produire pour le bitcoin. Ces deux produits faisaient office de protection contre le désastre économique imminent annoncé sous la présidence de Trump et une fois cette théorie complètement démystifiée, ces deux classes d’actifs à rendement zéro s’effondreront massivement. Et personne ne peut prédire jusqu’où elles descendront. D’autant plus que le cash aux US commence à rapporter 3-4% !

Cible : 900

 

Pétrole

Je n’ai pas beaucoup de certitude sur les prix du pétrole aujourd’hui, sauf que Kudlow considère les prix élevés du pétrole comme une taxe et conseille au président Trump de contenir l’envolée des prix du pétrole. La vigueur du dollar affaiblira aussi les prix du pétrole. Je pense que les prix du pétrole vont s’établir dans une fourchette qui contentera tout le monde. Le consommateur américain s’accommodera d’un prix du baril de pétrole de 65 dollars, surtout si le dollar est fort. Le niveau des prix est assez bon pour la Russie et l’Arabie Saoudite. En tant que tel, je ne vois pas de ralentissement ou d’accélération des prix du pétrole en 2019. Bien que le marché du pétrole demeure limité par l’offre, il y a eu suffisamment de rattrapage depuis la crise pétrolière de 2014-2015, pour que la production supplémentaire rajoutée puisse satisfaire à la demande. Je pense que le marché pétrolier sera équilibré et que les prix du pétrole et de l’énergie équivaudront donc à laisser l’argent dormir en 2019 (ce qui pourrait encore être mieux que les alternatives).

Cible : 65

 

 

Actions

Earnings (Résultat Net)

Pour 2018, nous en sommes encore aujourd’hui à environ 140 $ du SPX GAAP EPS qui n’inclut pas les rapatriements. J’estime à environ 250 milliards de dollars de rapatriements les annonces du quatrième trimestre, ce qui réduira d’environ 10 à 15 dollars les bénéfices du SPX. Le SPX se stabilisera autour de 125 $ à 130 $ d’EPS (Earning Per Share ou RNPA Résultat Net par Action) en 2018. Les entreprises ont attendu le plus longtemps possible avant d’afficher les rapatriements dans leurs rapports financiers, mais ils devront être annoncés. En 2019, cependant, les rapatriements ne poseront désormais plus de problèmes. Les analystes s’attendent actuellement à ce que le bénéfice net par action du SPX en 2019 soit de 160 $. En raison de la forte croissance économique, compensée par la législation sur le salaire minimum, je pense que la croissance des bénéfices restera robuste, mais pas aussi forte qu’au cours des deux dernières années, lorsque la croissance du bénéfice net par action a dépassé 15 à 20 % pendant de longues périodes.L’ajout de 800 milliards de dollars au PIB se traduira par des gains supplémentaires de 40 milliards de dollars pour le SPX (environ 4 %), la croissance des revenus compensant les pressions exercées par la hausse des salaires qui impacte fortement les coûts. L’appréciation du dollar et l’affaiblissement des économies étrangères continueront d’exercer des pressions sur les recettes en devises. C’est pourquoi j’ai tendance à appliquer une décote de -18 %, car je ne pense pas que nous ayons une surprise à la hausse sur l’annonce de bénéfices pour 2018 de la part des entreprises. Cependant, je reste optimiste sur l’économie américaine en raison de la nouvelle configuration Président Trump/Chambre Démocrate, et optimiste également sur la consommation américaine et j’appliquerai donc pour l’année prochaine une décote de -12% à la place. Cela nous donne 140 $ en résultat net par action pour 2019, soit une croissance de 7 % du résultat par action pour les RNPA par rapport aux niveaux de 2018, si 2018 se situe à 130 $ (scénario le plus probable). Si les rapatriements se traduisent par un RNPA de 125 $, la croissance des bénéfices sera de 12 %. Mais nous pensons qu’une croissance à un chiffre en 2019 reste le scénario le plus probable.

 

Valorisation

Alors que les taux de la FED s’accélèrent au-delà de 2% et se dirigent vers des niveaux de 3,5% et 4%, nous allons assister à une panique majeure chez les chasseurs/cueilleurs d’actifs gérés. Ed Yardeni, Ray Dalio et Jim Cramer ont déjà appuyé sur le bouton d’alerte et supplié la FED d’arrêter les augmentations de taux immédiatement. Assouvir quelques centaines de gestionnaires d’actifs très riches n’est pas l’objectif de la FED. L’objectif de la FED est de générer de l’argent pour les grandes banques et les grandes banques font plus d’argent avec du papier à 3% et 4% de taux au jour le jour qu’avec tout autre produit. Je pense qu’il n’y a aucune chance réelle que la FED réponde aux plaidoiries de quelques spécialistes de l’industrie financière dont la vie est sur le point de se compliquer. Et qui sont les seuls perdants des hausses de taux dans l’industrie financière. En fin de compte, il y a une croissance des salaires, le chômage est bas, l’inflation est sur le point de se déchaîner et la FED doit faire ce qui est dans le meilleur intérêt des 99,99%.

Le taux de rendement du SPX au cours des 12 derniers mois s’élève maintenant à 1,93 %, ce qui ne couvre même pas le taux de 2,5 % de la. Mais le taux de la FED passera ensuite à 3% voire 3,25% en 2019. Les actions doivent donc baisser leurs valorisations de manière significative pour rivaliser avec ce niveau de rendement en liquidités. Les actions seront impactées par deux problèmes l’année prochaine. La croissance des bénéfices ne sera plus de 20 %. La croissance des bénéfices, comme je l’anticipe, sera de l’ordre de 7 à 10 %. Toutefois, les taux des obligations à long terme seront de 4 % à la fin de 2019. Cela signifie que la croissance des bénéfices boursiers couvrira à peine le taux de rendement à long terme qui ne tient pas compte du risque de récession. Les valorisations des actions devront baisser de manière significative pour éliminer le risque de volatilité lié à la détention d’actions. Et au passage, le risque de volatilité augmentera en 2019, d’autant plus que l’index VIX moyen sera plus élevé et que la baisse de la valorisation devra donc être encore plus importante. Au fur et à mesure que les taux d’intérêt et les rendements obligataires augmentent, ils deviennent un concurrent important pour les actions tant que celles-ci demeurent à des niveaux de valorisation élevés. Afin de stimuler la demande des investisseurs, les cours boursiers doivent baisser de manière significative. Ainsi, nous pensons que la contraction multiple qui a commencé en 2018 se poursuivra en 2019. La contraction multiple n’est pas un processus d’un an. Il s’agit d’un processus de trois ans et 2019 sera l’année intermédiaire. Lorsque j’ai commencé cette analyse au mois de novembre 2018, je ne me doutais d’ailleurs pas que dès la deuxième quinzaine de décembre nous aurions cet ajustement fort.

Selon la méthode de la VAFT, une croissance des gains de 10 % ne mérite pas un multiple dans la zone des 18+ et des 20-, comme c’est le cas aujourd’hui. Des gains annuels de 20% méritent des multiples de 23 à 25, mais pour des gains annuels sur les bénéfices de 8 à 10 % ceci est injustifié. Alors que la croissance des bénéfices était proche de 20% en 2018 et donc qu’un multiple élevé était justifié, en 2019, je prévois que la croissance des bénéfices stagnera dans la zone des 8-10% au mieux. La croissance des gains dans une fourchette de 8 % à 10 % s’accompagne habituellement d’un multiple entre le milieu et le bas de la zone des 10-20. Il n’y a pas d’événement majeur à venir qui justifierait un réajustement des prix (comme les réductions de l’impôt sur les sociétés) avec un multiple élargi comme en 2016. Au contraire, les événements politiques à venir auront des connotations négatives pour les marges des entreprises et, par conséquent, cela devrait se traduire par une baisse du multiple. Je pense donc qu’un multiple de PER (Price Earning Ratio) dans la zone des 15-17 est une estimation très raisonnable pour 2019. Je pense que les multiples à terme devraient diminuer vers la zone des 15 pour tenir compte de la maturation des marges des sociétés et de la bonne économie, mais aussi de la hausse des taux de rendement de 4%. Je pense que les multiples en queue de peloton devraient faire un pas de plus vers le bas et passer dans la zone des 17-18. Je ne m’attends pas à un effondrement massif des multiples, mais plutôt à un recul, car j’anticipe que l’économie restera forte et que les liquidités abondantes provenant de l’activité économique empêcheront un effondrement massif des multiples comme celui que nous avons connu en 2008. Je pense qu’une comparaison plus appropriée est celle de la fin de l’année 2000 et du début de l’année 2001, qui a été marquée par une baisse graduelle par paliers vers le multiple SPX à partir de niveaux très élevés pour revenir à des niveaux plus normaux.

Ainsi, mon objectif SPX pour 2019 est de 2450. Mon objectif de Résultat Net Par Action est de 140 $ et mon multiple PER est de 17,5.

Cible : 2450

 

Secteurs et actions internationales


Secteurs séculaires (40%) : Technologie (XLK), Médias (XLC), Consommation discrétionnaire (XLY)

Les grands noms des médias – Google, Facebook et Amazon – feront l’objet de contrôles réglementaires bipartisans accrus à l’initiative de différents acteurs. La Chambre les poursuivra pour ingérence russe dans les élections de 2016. Le Sénat les poursuivra pour avoir muselé le discours conservateur lors des élections de 2018. Et l’administration Trump s’en prendra à eux parce qu’ils se sont opposés à lui depuis le tout début. Je pense que les grandes entreprises de la Silicon Valley vont voir leurs performances “faire du surplace” dans un avenir prévisible. Les coûts découlant de la préservation massive des données et des exigences réglementaires commenceront à grever leurs énormes marges. De plus, ces entreprises se sont tellement développées qu’elles sont à la fin de leur cycle de croissance. Il est difficile de dépasser les 2 milliards d’utilisateurs. À partir de là, elles vont, soit stagner, soit décroître, que ce soit sur le plan de la croissance du nombre d’utilisateurs ou, éventuellement, des revenus. En outre, le smartphone a également atteint son apogée. Les réseaux sociaux et les smartphones ont donc dépassé leurs pics de croissance. Dans environ 2 ans, plus personne ne les considérera comme des secteurs de croissance séculaires. Ce seront des distributeurs de dividendes en quelque sorte les nouveaux Coca-Cola. Pour l’instant, cependant, ils peuvent encore augmenter leurs revenus et compenser la contraction des marges. La seule partie attrayante de la technologie est le cloud et l’architecture informatique hybride qui bénéficieront réellement de la pression réglementaire (les données doivent bien être stockées quelque part). La consommation discrétionnaire (XLY) est le point culminant dans les secteurs de croissance séculaire, alimentée par une forte consommation américaine qui bénéficiera d’une hausse des salaires. Le cloud et la consommation discrétionnaire sont mes seuls paris pour une croissance de 10% l’année prochaine. Tout le reste est soumis à la maxime «  flat is the high ».

Cible : -15% pour XLK et XLC; +10% pour XLY; +20% pour les sociétés du cloud  (SKYY)

 

Secteurs cycliques (35%) : Finance (XLF), Industrie (XLI), Energie (XLE), Matériaux (XLB)

Les secteurs cycliques devraient bénéficier de l’expansion de l’économie américaine, mais malheureusement ils sont encore trop chers et leur régime réglementaire est sur le point de changer, car les démocrates à la Chambre des représentants chercheront à renverser le régime de déréglementation en place, depuis Trump. Les services financiers sont bon marché, mais ils deviendront moins chers parce que les prix resteront stables tandis que les bénéfices continueront d’augmenter en raison des hausses de taux. Les industriels ont besoin de continuer à contracter leurs multiples compte tenu des perspectives de croissance pas très réjouissantes à l’étranger. L’énergie est soumise à la politique étrangère et intérieure de Trump et, malheureusement, les prix du pétrole ont des perspectives à terme plus sombres. Si le fardeau réglementaire de l’énergie est alourdi, les stocks d’énergie diminuent. Les matériaux souffrent des mêmes problèmes que l’énergie. Dans l’ensemble, j’anticipe que ces secteurs perdront -10 % l’an prochain.

Cible : -10%

 

Secteurs défensifs (25%) : Santé (XLV), biens de consommation de base (XLP), services publics (XLU), immobilier (XLRE)

Le secteur de la santé a des problèmes similaires à ceux de la technologie. Il fera l’objet d’un examen réglementaire de la part de l’administration Trump (crise des opioïdes) et les prix des médicaments seront mis sous pression par la loi sur l’accessibilité des médicaments sur ordonnance. De plus, l’augmentation constante du taux de rendement minimal rendra ces secteurs moins attrayants comme solutions de rechange pour le versement de dividendes. Tandis qu’ils se maintiendront au cours du premier semestre de l’année, alors que les taux dépasseront 3 % et s’approcheront de 4 % au second semestre, attendez-vous à une baisse importante des valeurs défensives. En particulier, au fur et à mesure que les tarifs douaniers s’appliqueront à la Chine, on s’attend à ce que les biens de consommation de base (XLP) s’effondrent dramatiquement.  Les meilleurs paris sont les services (XLU) qui sont en grande partie domestiques, qui ne sont pas soumis aux tarifs douaniers et peuvent bénéficier d’un consommateur américain fort et d’une main-d’œuvre en expansion et payer des dividendes compétitifs. Mais ils s’affaibliront vers la fin de l’année, les charges atteignant 4 %, puisque le seuil de 4 % est supérieur au taux de dividende de 3 % qu’ils fournissent.

Cible : -10%

Actions internationales

En raison des taux d’intérêt américains élevés, de la vigueur du dollar et de l’affaiblissement des économies étrangères qui dépendent fortement du commerce américain pour leur croissance marginale, je ne suis pas certain pas que les actions internationales représentent des opportunités malgré une décote de -20% en 2018. Il est probable que les actionnaires continueront à se délester des actions internationales. Je ne pense pas que les conditions soient réunies pour un redémarrage des actions internationales, il est un peu prématuré pour le marché d’anticiper une fin au durcissement de la politique de la FED. Une fois que cette réalité va se confirmer, les actions internationales s’effondreront à nouveau. En particulier, la Chine peut facilement perdre un autre -20% car son économie est fortement endettée et qu’une fois que les tarifs douaniers initiés par Trump leur seront appliqués, ils vont exploser comme un ballon de baudruche. La gouvernance de Jinping commence déjà à battre de l’aile. À un moment donné, la panique va s’installer.

Cible : -10%

 

Volatilité

Corrélations implicites

La distorsion de l’évaluation du secteur interne n’est plus aussi importante qu’elle ne l’était avant les cessions d’octobre et de décembre. Les rachats d’entreprises dans les secteurs de la technologie et des médias et les rebondissements des grands groupes ont permis de réduire l’asymétrie de l’indice. Cependant, il y a encore des zones problématiques. Les XLV (santé), XLU (services publics) et XLP (biens de consommation de base) demeurent extrêmement surévalués par rapport à leurs taux de croissance potentiels, avec des ratios de Price Earning élevés. Ils  portent les multiples du marché, ce qui ne suffit pas à surmonter leurs ratios PE élevés. À mesure que les taux d’intérêt augmentent, ces noms deviennent extrêmement vulnérables et, si le marché dans son ensemble se vend, ils ne fourniront pas le soutien par rotation qu’ils ont fourni au deuxième semestre de 2018. La finance (XLF) reste le seul secteur sous-évalué par rapport au marché et représente la seule opportunité d’achat, car son taux de croissance des bénéfices est l’un des plus bas du marché. Les services financiers sont la définition d’un piège de la valeur. Tous les risques et pas de retour sur investissement. Malheureusement, dans le cas de ventes à la suite d’une contraction multiple d’une large base, il n’y a plus rien pour soutenir le marché et l’activité de couverture se prend les jambes dans le tapis. En plus des cessions sectorielles, les actions et les obligations resteront dans « l’étreinte de la mort ». Les actions ne pourront se redresser que lorsque les rendements baisseront et les rendements obligataires ne baisseront que si les cours des actions baissent pour attirer les capitaux. Mais les rendements continueront d’augmenter sous l’effet d’une forte hausse de l’inflation et des salaires sur la partie antérieure de la courbe de rendement et d’une croissance économique encore plus forte sur la partie postérieure de la courbe de rendement. Les obligations à haut risque demeurent également à des spreads très faibles par rapport aux bons du Trésor et, à mesure que les rendements des bons du Trésor augmenteront, les obligations à haut risque seront obligées de vendre pour tenir compte du risque de crédit. Il y aura donc beaucoup de rotation entre les classes d’actifs et les secteurs, car les investisseurs passent d’un secteur et d’une classe d’actifs « bons marchés » à un autre pour découvrir qu’ils ne sont pas encore assez « bons marchés » le mois suivant. Alors que le multiple du SPX de 17 est beaucoup moins cher que le multiple de 19 et 20 de l’an dernier, il est encore en train de glisser gentiment vers le 15, donc la pression de vente et l’activité de couverture vont perdurer et même augmenter.

 

Conditions des liquidités

Les liquidités seront un domaine très problématique pour le S&P 500 en 2019. Le Quantitative Tightening de la FED passera à 50 milliards de dollars par mois pour l’ensemble de l’année. Nous avons vu comment la première tranche de 50 milliards de dollars du premier trimestre a été accueillie en octobre. Et pas beaucoup de rebond en novembre qui n’a pas duré en décembre. On s’attend à ce qu’il en soit de même en 2019. 600 milliards de dollars de resserrement de la FED et 4 hausses de taux ne vont pas se faire des amis auprès des marchés boursiers. Les multiples continueront de se contracter non seulement en raison du ralentissement de la croissance des bénéfices et de la hausse de l’inflation, mais aussi de la contraction agressive des bilans par la FED. L’Europe et le Japon ne fourniront plus non plus de liquidités. Alors que les conditions sur les liquidités se resserrent, on s’attend à ce que les fonds spéculatifs et autres gestionnaires d’actifs se retrouvent du mauvais côté des paris (comme les positions longues sur les obligations) et soient davantage contraints de vendre leurs actifs.

 

Perspectives de volatilité du SPX

Étant donné que la croissance des bénéfices ralentira à un chiffre et qu’on s’attend à ce que les valorisations se contractent de 2 points de plus, étant donné que l’asymétrie sectorielle demeure un problème et que les conditions de liquidité seront serrées en raison de l’inflation croissante et de la politique de la FED, nous pensons que 2019 sera une année encore plus volatile que 2018. Alors que l’année 2018 a été marquée par un long répit sur le plan de la volatilité, pendant six mois, 2019 n’offrira aucun répit de ce genre. Du moins, pas de la même ampleur. En fait, l’été 2019 pourrait bien être l’une des pires périodes de l’histoire récente du marché.

L’année débutera avec un retrait de -10% au premier trimestre, les investisseurs anticipant l’impact des annonces de rapatriement. Au deuxième trimestre, je m’attends à ce que le marché connaisse une reprise de l’ordre de 5 % à mesure que les données économiques se confirment et que les investisseurs redeviennent optimistes, mais je m’attends également à ce que les rendements augmentent pour refléter des données économiques solides et faire éclater la thèse du « sugar high » de 2018. Comme les rendements continuent de grimper, les actions subiront une nouvelle pression à la vente au cours du creux de l’été au troisième trimestre pour un autre -10%. Potentiellement, nous pourrions envisager une certaine forme de capitulation à la fin de l’été (août et septembre), avant que les valorisations ne s’affaiblissent suffisamment pour une remontée des valeurs cycliques et séculaires au quatrième trimestre. Nous nous attendons à ce que les secteurs défensifs soient vraiment touchés au quatrième trimestre de 2019 notamment si la FED augmente ses taux plus de 2 fois et le TNX va au-delà de 4% pour clôturer 2019. Mais nous prévoyons que les marchés finiront par remonter de 5 à 7 % d’ici la fin de l’année, à mesure que le SPX remontera du niveau 2250/2300 sur un niveau de 2450.

Je pense que 2019 ressemblera plus à 1990 ou 2001 qui ont vu l’économie américaine et les marchés américains dans une position assez similaire. En 2001, les marchés étaient très bien valorisés et l’économie américaine est entrée dans l’année avec une croissance du PIB de 3% et une accélération de l’inflation de 2% à 3%. En 1990, les marchés ont également été évalués (pour l’époque) à 15 (après des décennies d’évaluations à un chiffre) et l’inflation s’est accélérée, passant de 4 % à 5 %. En 2019, à mesure que l’inflation s’accélère et que le taux de rendement augmente, les investisseurs s’affoleront vraiment de façon excessive face à toute crainte de chute de la croissance ou d’une poussée de l’inflation et vendront les actifs à risque dès les premiers signes de difficultés. La hausse de l’inflation ne les rassurera évidemment pas, car ils paniqueront face aux scénarios de stagnation jusqu’à ce que les valorisations boursières soient nettement plus basses.

S’il y a escalade de la guerre commerciale avec la Chine (dévaluations et tarifs douaniers), si les enquêtes concernant Trump se rapprochent un peu trop près de la Maison Blanche ou si de gros fonds spéculatifs et autres gestionnaires de fortune se retrouvent dans le pétrin, nous prévoyons des ventes massives et incontrôlables, plus, en prime, quelques grosses explosions en volatilité. Dans le même temps, l’économie continuera de susciter de l’espoir tandis que l’inflation continuera à semer le désarroi. Il s’agira d’un mélange très volatil et inhabituel dû au contexte du marché. Il y a longtemps que nous n’avons pas eu à faire face à  une année volatile comme 2019, mais c’est ce qui nous attend.

Étant donné que nous prévoyons une année de forte volatilité comme 1990 ou 2001, je prévois que la volatilité réelle en 2019 sera supérieure à 2018 et se situera autour de 17,5 %. Le VIX (Expected Volatility) commencera enfin à se négocier à hauteur de sa prime habituelle de 20-30% lorsque le scénario du « sugar high » sera abandonné et la moyenne se situera à 20 (contre 15.8 en 2018). Nous pensons qu’en 2019, le bas de la fourchette du VIX se situera dans la zone des 16-18, le VIX passant la majeure partie de son temps dans la zone des 20-25. Ensuite, si nous avons des problèmes avec les charges judiciaires sur Trump, la guerre commerciale avec la Chine ou les crises financières, je m’attends à ce que le VIX se négocie au nord de la zone des 30 pendant des semaines voire des mois.

 

Perspectives de volatilité

J’anticipe une stabilité de la courbe de volatilité, voire inversée (formation « backwardation ») tout au long de l’année, à mesure que les anticipations sur la volatilité augmenteront et commenceront à refléter des taux plus élevés. Je m’attends à ce que le VIX soit supérieur aux contrats futures du VIX tout au long de l’année. Je m’attends à ce que le Contango (VX2 to VX1 spread) affiche un niveaumoyen de -2%,  le Roll Yield (VIX to VX1 spread) de -5%. Pour le Contango Roll, j’envisage en moyenne -7%. Concernant le ratio VRatio (VXV/VIX), j’estime qu’on aura une moyenne autour de 0,95 (encore une fois un très faible niveau). Enfin sur l’AVCI (Average Volatility Curve Index) on devrait passer de 16,5 à environ 19 en moyenne. Comme  la courbe de volatilité sera inversée pendant de longues périodes en 2019, en particulier sur la partie avant de la courbe, je prévois que le VXX gagnera environ 85 %. On peut également s’attendre à des gains additionnels de 30 % à 50 % provenant des pointes de VIX lors de diverses capitulations boursières et de cessions forcées. Le VXX sera donc contrairement à d’habitude un bon véhicule d’investissement « buy and hold » sur 2019. La meilleure façon de gagner de l’argent au VXX en 2019 ne sera pas d’acheter et vendre comme en 2018, mais d’investir pour le long terme. Achetez du VXX et conservez-le et laissez la courbe de volatilité inversée engranger des gains magiques mois après mois jusqu’à ce qu’une capitulation claire soit en vue au troisième trimestre. Je prévois que le VXX gagnera au minimum 125 % en 2019. Les investisseurs devraient éviter les positions volatiles à court terme et s’en tenir à un positionnement stratégique de volatilité à long terme et aux bons du Trésor à court terme et à hauts rendements. Je ne pense pas que les investisseurs soient préparés à la volatilité des marchés à venir en 2019

Cible : 125% à 80 pour le VXX

 

Principaux facteurs déterminants de la volatilité

  • Hausse de l’inflation : salaire horaire moyen, inflation CPI (Consumer Price Index), taux de la FED et rendements obligataires.
  • Quantitative Tightening (QT) aux États-Unis et Quantitative Easing (QE) en Europe et au Japon.
  • Réglementation des GAFA et autres grandes sociétés technologiques, des services financiers et de l’énergie.
  • Politiques de rapatriations du cash
  • Escalade de la guerre commerciale avec la Chine.
  • Loi sur l’accessibilité des médicaments sur ordonnance.
  • Tarifs douaniers sur les voitures et les marchandises européennes.
  • Dévaluation de la devise chinoise.
  • Hausses des impôts : Réduction partielle de l’impôt des sociétés et rajustement de l’impôt aux frontières.
  • Retrait de l’ALENA.
  • Grosse débandade des fonds spéculatifs.

 

Aperçu des perspectives du marché en 2019

 

Catégorie d’actif ETF objectif 2019 Rendement attendu
S&P 500 SPX 2400-2450 -10%
Volatilité à court terme  SVXY 20 -60%
Volatilité à long terme VXX 80 +125%
Technologie XLK 55 -10%
Financiers XLF 25 -5%
Santé XLV 75 -20%
Industries XLI 65 -10%
Médias XLC 40 -10%
Consommation discrétionnaire XLY 110 +5%
Biens de consommation de base XLP 45 -20%
Énergie XLE 70 Plat
Services XLU 45 -20%
Europe FEZ 30 -10%
Japon EWJ 54 -5%
Chine FXI 35 -15%

 

 

Catégorie d’actifs/Indicateur Objectif 2019 Fourchette 80%
Hausses de taux 4
Taux de la FED 3.5%
Dollar US 102 95-110
Taux de change euro-dollar 1.05 1.00-1.10
Rendement des obligations à 10 ans 4.25% 3.25%-3.85 %
Or 900 1000-1200
Pétrole 65 50-75
Croissance du PIB 4.5%
Inflation 3.00% 2.50% – 3.50%
Taux de chômage 4.0% 3.7% – 4.2%
SPX GAAP EPS (RNPA) 140
SPX GAAP PE 17.5
# de corrections à 10 % 2
# de corrections à 5 % 3
Volatilité réalisée 17.5
Moyenne VIX 20
Moyenne Contango -2%
Moyenne Roll Yield -5%
Moyenne VCO -45

 

EDIT 03 Février 2019 : suite à l’annonce de Powell qui supprime le terme hausse graduelle de ses communiques, je modifie les objectifs chiffrés sur différents indicateurs pour 2019

Outre les chiffres updatés ci-dessous, je vous invite à aller voir ma vidéo Market Update du 3 février 2019

Catégorie d’actif ETF Objectif 2019 Rendement attendu
S&P 500 SPX 2400-2450 2300 -10%
Volatilité à court terme  SVXY 20 -60%
Volatilité à long terme VXX 80 +125%
Technologie XLK 55 50 -10%
Financiers XLF 25 23 -5%
Santé XLV 75 70 -20%
Industries XLI 65 60 -10%
Médias XLC 40 37 -10%
Consommation discrétionnaire XLY 110 100 +5%
Biens de consommation de base XLP 45 40 -20%
Énergie XLE 70 65 Plat
Services XLU 45 41 -20%
Europe FEZ 30 -10%
Japon EWJ 54 -5%
Chine FXI 35 -15%

 

Catégorie d’actifs/Indicateur Objectif 2019 Fourchette 80%
Hausses de taux  4  0
Taux de la FED 3.5% 2.5%
Dollar US 102 95 95-110 90-100
Taux de change euro-dollar 1.05 1.15 1.00-1.10 1.10-1.20
Rendement des obligations à 10 ans 4.25% 3.75% 3.25%-3.85 % 2.75%-3.25%
Or 900 1500 1000-1200 1300-1500
Pétrole 65 50-75
Croissance du PIB 4.5% 3.2%
Inflation 3.00% 2.50% – 3.50%
Taux de chômage 4.0% 3.7% – 4.2%
SPX GAAP EPS (RNPA) 140 138.5
SPX GAAP PE 17.5 16.5
# de corrections à 10 % 2
# de corrections à 5 % 3
Volatilité réalisée 17.5
Moyenne VIX 20
Moyenne Contango -2%
Moyenne Roll Yield -5%
Moyenne VCO -45

4 commentaires

  1. Il n’ y aucun autre site francophone traitant de la volatilité, et en plus il est de qualité, voilà une analyse financière structurée & argumentée, qui met l’accent sur le mécanisme de la prise de décision, et le cheminement permettant l’estimation chiffrée. Acheteur de volatilité depuis septembre, j’ai choisi d’être à l’écart des marchés depuis que la volatilité est sur ses plus hauts, peu aguerri à ce nouveau contexte que j’appréhende mieux à la lumière de cet article.
    Pourvu que le blog soit plus actif dans les mois qui viennent.

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    1. Merci de votre message qui me motive à rendre le site beaucoup plus vivant. La volatilité est un formidable prisme pour la lecture des marchés.

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  2. Merci beaucoup pour cet article qui englobe parfaitement le sujet des investissements financiers. J’ai une question : comment traiter le VXX ? Quelle est la meilleure façon pour un investisseur particulier résidant en France d’acheter du VXX ? Merci par avance pour vos éclaircissements !
    Bien cordialement,

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    1. Merci pour votre commentaire. Pour trader le VXX il existe plusieurs solutions si vous êtes en Europe et que vous êtes restreints sur le trading d’ETF américains. Je prépare un article sur le sujet mais vous avez essentiellement 2 possibilités : soit via des CFD sur le VXX (dispos chez Interactive Brokers ou IG, qui sont 2 courtiers que j’utilise) ou bien via un système de remplacement d’actions par les options. C’est légèrement plus compliqué mais ça offre des avantages indéniables en plus et un risque de perte limitée en cas de short du VXX par exemple qui peut s’avérer risquée. Vous pouvez également m’envoyer un mail via la rubrique contact pour qu’on échange plus en détail sur ces sujets

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