Pourquoi bien choisir ses actions en bourse est complexe ?

29 Jan

Pourquoi bien choisir ses actions en bourse est complexe ?

Les boursicoteurs adorent le marché actions et ils adorent détenir des actions. Le rêve pour un investisseur c’est d’acheter un super produit ou un super service puis d’acheter les actions de la société qui les fabrique pour les détenir sur le long terme et faire fortune à partir de l’investissement initial.

C’est l’essence même du capitalisme.

Apple, Microsoft, Procter & Gamble la liste est longue. Ça paraît tellement facile acheter un iPhone détenir des actions Apple et partir en vacances avec plein de profits. Mais pour chaque succès comme Apple il y a cinq échecs comme Blackberry. Bien que Blackberry ait été une très belle société, l’action Blackberry n’a pas représenté un bon investissement depuis 2007 lorsque la plupart des investisseurs de ma génération devinrent en âge d’investir. Tandis que Microsoft avait triplé son chiffre d’affaires et sa rentabilité depuis 2000, l’action a connu une longue descente aux enfers. En même temps une compagnie comme Amazon ou Salesforce qui n’étaient pas forcément rentable ont atteint des sommets en bourse.

Pour chaque succès comme Apple, il y a cinq échecs comme Blackberry

L’analyse fondamentale seule n’explique pas ou ne fournit pas un guide précis pour réussir en bourse. Les cours des marchés actions sont largement impactés par les sentiments des acteurs sur ce marché et par la combinaison de ce que pensent les particuliers et les institutionnels à propos d’une action. C’est un sentiment positif et les perspectives positives qui font que des actions de sociétés non rentables vont atteindre des sommets et c’est un sentiment négatif et des perspectives négatives qui entraînent le cours d’une action qui génère des dividendes, à la baisse. Au-delà de prévoir de quel côté le sentiment des acteurs de marché va pencher, le boursicoteur supporte un risque substantiel. Une action peut perdre 25 % de sa valeur en un seul jour si les attentes de résultats sont décevantes. Elle peut perdre 50 % de sa valeur si le PDG démissionne de manière inattendue. Elle peut perdre 80 % de sa valeur en un seul jour si un procès ou une « class action » est intentée à l’encontre de la société. La plupart de ces événements interviennent sans crier gare et les investisseurs se retrouvent piégés.

Et n’oubliez pas qu’une fois que vous perdez 50 % d’une valeur vous avez besoin d’une performance de +100 % pour retrouver votre niveau initial !

Trouver des actions qui vont doubler est bien plus compliqué que de trouver des actions qui vont perdre 50 % de leur valeur. Pour cette raison la plupart des investisseurs diversifient leurs portefeuilles et investissent sur 10 actions ou plus. Cependant, suivre 10 ou 20 sociétés différentes est un travail relativement fastidieux. Cela implique de suivre les publications trimestrielles, de lire les communiqués, de suivre l’activité, d’évaluer les menaces concurrentielles, etc. Tout cela est finalement très consommateur de temps. Si vous êtes salarié par ailleurs comme infirmière, commerçant, restaurateur ou ingénieur vous est très pris par vos obligations professionnelles, apprendre de nouvelles techniques, vous former, vous mettre à jour sur les autorisations, et entre le travail et la famille, vous n’avez plus que très peu de temps disponible pour suivre 20 actions.

Ce qu’il se passe, c’est qu’à cause de ce montant de temps limité et d’une information parcellaire, la plupart des boursicoteurs parient sur un jeu qui n’a pas beaucoup plus de chances de réussir qu’une course de chevaux. Les investisseurs qui possèdent des portefeuilles très performants sont très peu nombreux, parmi des millions de boursicoteurs seuls 0,1 % obtiendront la bonne combinaison des 20 à 30 actions parmi les milliers qui traitent en bourse. Ces investisseurs se considéreront comme de bons investisseurs, mais sont-ils réellement bon ou simplement très chanceux ?

La plupart des boursicoteurs parient sur un jeu qui n’a pas beaucoup plus de chances de réussir qu’une course de chevaux…

La réalité peu glorieuse de la sélection d’actions a permis l’émergence des ETFs ou trackers qui représentent des indices boursiers ou des paniers d’actions. Cela permet aux investisseurs d’outrepasser la sélection des actions et les risques inhérents et donc de trader un panier d’actions généralement autour d’un thème.

Par exemple, s’il s’agit de l’économie américaine cela passe par le SPDR S&P 500 ETF ou s’il s’agit des nouvelles technologies via le PowerShares Nasdaq ETF ou les bons du Trésor américain via iShares 20+ Year Treasury Bond ETF ou l’or via le SPDR Gold Shares. Il existe désormais des dizaines de milliers d’ETFs pour tous les goûts. L’investissement à travers un ETF permet de rapprocher le particulier investisseur de la gestion des institutionnels.

Les investisseurs institutionnels sont principalement des fonds de pension, des hedge funds, des desk de gestion pour compte propre des banques et d’autres investisseurs aux poches profondes. Les investisseurs institutionnels regardent les univers d’investissement en termes de classes d’actifs : actions, obligations, matières premières. Chaque jour, ils se posent la question de savoir où allouer leur argent : doivent-ils investir en actions, obligations ou matières premières ?

La plupart des institutionnels ont des comités d’investissement qui comprennent des spécialistes de la construction de portefeuilles, des spécialistes du risque, des économistes et des équipes de recherches sur tel ou tel marché. Tous, doivent se mettre d’accord avant que l’investissement ne soit réalisé et ils ont une pléthore de systèmes et d’outils d’investissement qui ont été construits au fur et mesure des années qui leur permettent de prendre les bonnes décisions. Bien que les particuliers puissent désormais allouer leur argent de la même manière, ils n’ont simplement pas les mêmes outils et la même profondeur d’information. Les ETFs, de la même manière que les actions montent et descendent et représentent un risque de perte en capital. Chaque classe d’actifs où chaque ETF peut subir une perte de 50 % à n’importe quel moment. Le S&P 500 Index a connu deux pertes de 50 % dans les 15 dernières années. Le Nasdaq a perdu 80 % de sa valeur après l’explosion de la bulle Internet. L’or a connu récemment une phase de baisse de 40 %. Le marché actions au Japon a subi une perte de 80 % sur 20 ans dans les années 90 et 2000.

Bien que les ETFs représentent un risque, les mouvements et la volatilité qu’ils subissent sont bien moins dramatiques que les actions individuelles et doivent donc être les instruments privilégiés pour l’investissement par les particuliers.

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