Market Update – 24 Mars 2019

Marchés US

Les analystes de S&P ont enfin dévoilé leurs prévisions de profits pour 2020 pour le S&P500. Les chiffres sont dingues au sens littéral du terme. Les profits annuels du S&P500 devraient, selon les analystes de S&P, passer de 155$ en 2019 (actuellement projeté) à 175,6$ en 2020. Nous enregistrerions une croissance du bénéfice par action de 17% en 2019, puis de 13% en 2020 ! Généralement, ils ont l’habitude de projeter quelque chose comme 8-10% par an qui est la moyenne historique. Désormais, ils prévoient 15% en moyenne. Non-sens total. C’est sans doute lié aux hausses d’impôts, aux tarifs douaniers, aux hausses de salaires, à la guerre commerciale et tout ce qui va suivre. 17% et 13%…pfff. Somme toute assez logique puisque l’économie américaine affichera une croissance du PIB de 0% au premier trimestre…

Une chose étrange, c’est que ces chiffres sont normalement actualisés au début du T1, c’est à dire début avril, ici ils sont arrivés dans le rush d’une journée de baisse violente sur les marchés, avec mêmes des erreurs de typo dans les dates, un peu comme si on avait voulu remettre du charbon dans une locomotive qui commençait à tousser. Chaque fois que nous approchons de la zone des 2820, l’indice S&P500 est rejeté. Ensuite, lorsqu’il atteint la zone des 2850-2870, il est encore plus violemment rejeté. Vous avez une grosse journée de -2% ou -3% qui réinitialise les prix à la baisse.

 

En 2018, l’indice S&P500 a connu des hauts et des bas toute l’année, mais une fois que les Démocrates ont remporté la Chambre des Représentants, le prix «réel» du S&P500 devenait 2 500, et plus 2 900 puisque l’agenda de Trump était dès lors terminé. Rien n’a pu empêcher le S&P500 à fin décembre d’atteindre son prix réel de 2500. La même dynamique sera en jeu cette année. Le prix juste du S&P500 est maintenant de 2 300 (et encore si je devais réestimer à aujourd’hui ce serait théoriquement 2 150), car les bénéfices vont baisser (par rapport aux prévisions actuelles) et le chaos à la Maison Blanche ne fera que s’aggraver. La seule question est à quelle vitesse nous allons y arriver. Plus le S&P500 reste à des prix élevés longtemps, plus l’effondrement au T3 et T4 sera violent.

Niveaux de marché

 

En dessous de la MM10 (2820), il faut être short S&P500. Au-dessus de la MM10, fermez les positions short S&P500 et attendez un autre point d’entrée. Idéalement, nous obtenons un lower high entre 2820 et 2850, ce qui nous donnera un bon point d’entrée. Une fois que le S&P500 sera inférieur à sa MM200 (2750) et que le VIX sera supérieur à 18 avec un Contango égal à 0% ou négatif, la position long VXXB deviendra plus avantageuse qu’un short S&P500. La semaine prochaine, on pourrait se retrouver avec une zone de convergence de la MM50 et MM200, ce qui en fera une zone de support naturelle (2735-2755). Si on passe en dessous le prochain support est sur la MM100 à 2685 et ensuite, c’est un puits sans fonds. La manière dont IYT (transports) et IWM (small caps) s’effondrent, n’est pas bon signe et si DIA (Dow Jones) se met à sous-performer le S&P500, la situation est sur le point de devenir assez moche.

 

Indicateurs sur la volatilité

La semaine prochaine est la dernière semaine de mars, mais surtout la dernière du T1. Cela signifie que le rééquilibrage des portefeuilles va s’enclencher et sera rééquilibré des actions vers les obligations. SPX (actions) est en hausse de 12% depuis le début de l’année, alors que AGG (obligations) est de + 2%. Le rééquilibrage massif va se faire en vendant des actions et en achetant des obligations. Les rendements obligataires vont probablement diminuer encore à cause de cela ! Je ne serais pas surpris que les actions reculent de 3 à 5% la semaine prochaine, sous cette pression.

La courbe de volatilité est très plate ici avec un Contango Roll à 4% et un Roll Yield à 1,5%. Il n’y a pas de pression de convergence et beaucoup de temps avant l’expiration. La volatilité est à la hausse. Faites attention à un retour soudain du VIX sur la zone des 13 notamment en début de semaine lorsque le S&P500 pourrait être tenté de revenir au dessus des 2820.

Trading sur la volatilité

Volatility Fusion avait envoyé un signal de short VXXB le 11 mars (VXXB @30,81) qui avait suivi un bon début avec ce rallye du S&P500, puis le retournement de vendredi est venu gâcher la fête et du coup une sortie de position vendredi soir (VXXB @32,08) soit -4,12%. C’est le jeu de suivre un algorithme néanmoins lorsque de shorts sur la volatilité (que je joue avec des put à expiration lointaine c’est à dire à 3 mois avec un delta de 0.80, je prends souvent des call OTM avec des échéances courtes pour protéger contre des événements blackswans et en l’occurrence cela permet ici de diviser la perte par 2 vu la violence du retournement).

Market Update – 10 Mars 2019

Marchés Actions US

La chute des résultats au Q4 2018 se poursuit. Nous avons encore perdu -1,66 (-5%) pour passer de 30,38$ à 28,72$ d’EPS (Earnings Per Share ou Bénéfice Par Action, BPA). Nous avons commencé cette saison des annonces de résultats avec un BPA Q4 estimé à 36,7$. Et le résultat est sans appel : -22% ! Nous avons perdu 8 dollars par action, soit environ 65 milliards de dollars de bénéfice par rapport aux estimations pré-earnings. Cela fait beaucoup d’argent. Et il semble que ce ne soit pas uniquement lié aux rapatriation tax. Ma prédiction pessimiste reposait sur le fait que la dynamique dollar / pétrole était similaire à celle de 2015 : les bénéfices liés aux entreprises du secteur de l’énergie s’effondreraient du fait de la baisse soudaine des prix du pétrole et la force du dollar affecterait les ventes à l’étranger. C’est en réalité un double revers que les USA subissent en Europe : non seulement les ventes sont en baisse parce que l’Europe ralentit (le discours de la BCE l’a confirmé cette semaine avec le retour du QE), mais le dollar fort aggrave les choses. Ajoutez à cela une courbe des taux aplatie qui tue les bénéfices des financières (XLF) et vous obtenez un joli petit trio baissier pour les bénéfices de S&P500. Le bénéfice d’exploitation des financières est passé de 9,92$ au troisième trimestre à 4,34$ au quatrième trimestre (contre 6,64$ au dernier trimestre de 2017). Alors que le marché reste sous pression et que l’économie américaine ralentit, croyez-moi, la chute des résultats financiers ne fait que commencer.

Il reste encore un mois avant les résultats du Q1 2019, mais je peux déjà vous dire que nous aurons également des écarts massifs par rapport aux prévisions de résultats. La raison en est que la photo dollar / pétrole n’a pas changée du tout. Les comparaisons d’une année à l’autre pour le pétrole restent négatives et pour le dollar, positives. Les valeurs financières continueront d’être sous tension. Les projections de BPA du Q1 n’ont pas encore été revues à la baisse pour refléter cette réalité. Le Q4 a baissé de 8 dollars, le Q1 fera au moins -4 dollars. Nous sommes à 34,7$ sur le Q1, donc cela sera au mieux à 30$. Mais je pense que cela sera même bien en dessous. Il y a généralement une hausse de 2 à 3 dollars entre le T4 et le T1 mais je pense que les finances vont vraiment gâcher la situation année. N’oubliez pas que la courbe de taux est plus plate au premier trimestre et que la croissance du PIB tourne à 0% et non plus à 2,5% comme au quatrième trimestre. Le premier trimestre sera donc une nouvelle grosse déception pour les annonces de résultats. La différence cette fois-ci est que les analystes devront alors abaisser leurs prévisions pour le Q2, Q3 et Q4. Nous parlons donc d’une réduction de 10 à 20 dollars sur le BPA de l’année 2019. C’est juste massif. Nous parlons de passer de 154$ actuellement projetés à 135 $ pour 2019. Le marché est maintenant plus cher sur la base des bénéfices prévisionnels que sur la base des bénéfices historiques ! Avec cette dernière baisse, un PER de 20 sur le S&P500 sera atteint à 2650 points, soit environ 100 points de moins que le niveau actuel ! Pour descendre à 18 de PER (plus logique dans un marché avec des résultats en baisse YoY), le marché doit s’échanger à 2350.

Les deux prochains mois devraient être brutaux sur les marchés, du fait de la dégradation des bénéfices. C’est marrant d’entendre un certain nombre de commentateurs boursiers qui se plaignent que les guidances (perspectives) des entreprises soient trop conservatrices pour 2019… Ils ont sans doute loupé Draghi qui a indiqué une baisse de la croissance prévisionnelle de la zone euro de 1,7% à 1,1%. Cette baisse représente une dégradation de 800 milliards d’euros de PIB. Cela signifie que 400 milliards de dollars de revenus perdus pour les grandes entreprises américaines et européennes ! C’est beaucoup d’argent. Et Draghi est plutôt optimiste ! La Chine a downgradé sa croissance de 6,5% à 6% soit 50 bps, ce qui représente une perte supplémentaire de 600 milliards de la production intérieure et donc un impact de -300 milliards de chiffre d’affaires pour les grandes entreprises. Powell (FED) a revu à la baisse la croissance américaine de 2,9% à 2,2%, soit une réduction de 70 points de base. Cette baisse de 70 bps correspond à une production de 1,4 billion de dollars. Cela représente 700 milliards de dollars de revenus en moins pour le S&P500. Les banquiers centraux viennent de vous dire que les grandes entreprises perdraient 1,5 billion de dollars en 2019 par rapport à 2018 et que les économies perdraient près de 3 000 milliards de PIB projeté… Tout ceci me fait penser à une autruche.

Si on regarde le BPA historique du S&P500 au Q4 :

28,72$ en 2018

26,96$ en 2017

26,48$ en 2013

24,16$ en 2016

22,83$ en 2014

Tout le reste est en dessous de 20…depuis…la création du S&P500 !

Savez-vous à quel niveau est actuellement fixé la prévision du BPA au Q4 2019 ? 41,4$ ! Cela représente une augmentation de 44% d’une année sur l’autre. Après le meilleur chiffre de l’histoire en 2018 ! De 2017 à 2018, dans une année avec une croissance de PIB de 3%, la meilleure année économique en dix ans le BPA du Q4 n’a augmenté que de + 6%. Quelle genre d’économie faudrait il pour avoir pour une augmentation de 44% des résultats en 2019 après un record en 2018. Une économie en croissance de 10% du PIB ? Les impôts sur les sociétés à zéro ? Même avec une réduction d’impôt historique de 35% à 21%, le S&P500 ne pourrait pas augmenter ses bénéfices de plus de 10%. Si quelqu’un peut m’expliquer le rationnel de cette hausse prévue de 44%, je suis preneur…

Niveaux de marché

La FED a joué la carte de la pause. Trump a joué la carte de la détente avec la Chine. Toutes les principales données sur les résultats sont derrière nous. Le rapport sur l’emploi est derrière nous. Il ne reste donc que les mots et les rumeurs pour sauver la face. Mais nous sommes dans une phase où les mots vont avoir de moins en moins d’importance. Lorsqu’il n’y a pas de bénéfice, les cours des actions baissent, ça prend du temps mais ça se finit toujours comme ça.

Nous sommes passés de la phase de transition du marché haussier au marché baissier, qui a pris toute l’année 2018, et nous en sommes maintenant aux débuts du marché baissier. Comme il n’y aura pas de données statistiques d’importance au cours des deux prochaines semaines, Trump risque de faire du bruit dans le cadre de l’accord commercial avec la Chine. Toutefois, Trump a complètement démoli sa crédibilité et les investisseurs vont probablement chercher au-delà du «deal» vers d’autres problèmes.

Les niveaux et objectifs clés du S&P500 sont assez clairs. Le marché est baissier jusque sur la zone de la Moyenne Mobile MM50/MM100 jours (2673) où le marché pourrait trouver un support temporaire pendant quelques jours. En dessous de la MM50/MM100 jours, il n’y a plus vraiment de zone de support. C’est à 2600 que le S&P500 a trouvé un support deux fois au quatrième trimestre, mais il s’agit d’un niveau de support très faible. En dessous de 2600, on descend tout droit vers 2450 où se trouve le le bas de la Bande de Bollinger 50, 2. Ensuite 2350, là où le point bas de décembre a été atteint.

À la hausse, on repasse en long au-dessus de la MM200 (2750) et au-dessus de la MM10 (2780). Si nous dépassons 2780 points, le rallye qui a débuté en janvier se poursuivra peut-être. Mais compte tenu de l’effondrement des résultats et de la lourdeur des indicateurs techniques qui plaident l’inverse, je ne suis pas très confiant dans ce scénario. Les sociétés Small Caps (IWM) et Transports (IYT) commencent à sous-performer significativement le S&P500. Les macro caps (Dow Jones) surperforment. C’est une posture habituellement défensive.

 

Indicateurs sur la volatilité

 

Le tableau de bord de la volatilité est passé du vert au jaune car le S&P500 a perdu de l’altitude. Le VIX s’est vendu fort vendredi en fin de journée malgré une bonne vigueur tout au long de la séance. Le VIX est très dangereux au-dessous du niveau de 20. Les gains ne durent tout pas et les pauses dans le déclin du S&P500. Premièrement, le VIX doit créer une base à partir de laquelle les pics de volatilité naîtront. La semaine dernière a simplement été le début de ce processus après les mois de janvier et février qui ont été violents pour le VIX. Il faut une courbe de volatilité inversée pour être vraiment long sur le VIX avec le VXXB. Il est beaucoup plus facile de contrôler les pertes et donc de rester en pole position pour tirer parti d’une baisse du S&P500 avec un tracker inversé.

Trading sur la volatilité

La méthode Volatility Fusion avait envoyé un signal de short VXXB le 1er mars et j’avais décidé d’attendre l’ouverture du 4 mars, et je n’ai finalement pas pris le trade.

L’algorithme a d’ailleurs renvoyé un signal de fermeture le soir même avec un trade perdant (-2,43%), ouvert à 29,98$ et fermé à 30,71$.

Market Update – 18 février 2019

En l’absence d’ouverture de la Bourse US lundi 18 février 2019, j’en profite pour faire un format de Market Update écrit plutôt qu’une vidéo.

Marchés Actions US

Malgré toute la morosité sur les projections de bénéfices, le marché poursuit sa montée en ligne droite. Nous sommes maintenant à +10,72% sur l’année. Ceci est supérieur au rendement annuel moyen du S&P500. Sky is the limit ! Je me dis généralement que pour le S&P500 : 10% en 3 mois est généralement la limite. 10% par trimestre signifie 40% pour l’année et depuis 1950, il y a eu seulement une année avec un rendement de 40% : 1954. À l’époque, Truman construisait le réseau d’autoroutes de tous les USA. Il y a certes un mur dans les tuyaux en termes d’infrastructures, mais ce n’est pas tout à fait du même acabit. Croyez-le ou non, il s’agit du 4ème plus gros départ de l’histoire au cours des 6 premières semaines de l’année ! Si nous continuons sur cette lancée, le S&P500 est parti sur un trend de +80% cette année.

Nous sommes maintenant 20-30 points au-dessus de la MM200 (2745) et c’est là que nous avons eu des inversions de tendances assez marquées les 3 dernières fois. C’est là que le piège à Bull a été posé au T4 – environ 1% de plus que la MM200. Je ne serais donc pas surpris si nous assistons à un net retournement à la baisse à ces mêmes niveaux.
Cependant, nous sommes assez proches du haut de la bande de Bollinger (50,2), les négociations commerciales se poursuivent, donc je ne serais pas surpris si la poussée du S&P500 va chercher encore plus haut. Jusqu’à l’annonce finale du trade deal USA / Chine, le marché sera en hausse. Les montants traduits en valeur absolue en dollars ne semblent apparemment pas avoir d’importance. Si Trump veut continuer de booster le marché, il reporte l’accord commercial jusqu’au 3 novembre 2020 et le S&P500 se négociera à 7500 à ce moment-là 😉

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Indicateurs sur la volatilité

 

 

Après un rallye de 6 semaines sur les marchés actions, nous avons maintenant beaucoup plus d’indicateurs de volatilité dans le vert. Mais l’ensemble de ces indicateurs ne sont pas non plus vert foncés comme nous le voyons lors de la reprise des marchés haussiers. Contango n’est toujours pas à 2%. VRatio est à peine supérieur à 1,10.

Les mesures de la volatilité intraday, les indices SATR5 et SATR20 se sont stabilisés autour de 25-30 points, soit environ 1% de volatilité quotidienne, ce qui signifie mathématiquement un VIX au-dessus de 16. Le VIX est actuellement sous-évalué par rapport à la volatilité intraday. On devrait donc assister à un momentum haussier sur le VIX.

 

Trading sur la volatilité

Etant à l’étranger toute la fin de semaine dernière, je n’ai pas pu faire la vidéo ni la fermeture des marchés vendredi. Or il se trouve que Volatility Fusion a déclenché un signal d’alerte de short sur la volatilité avec 5 indicateurs au vert sur 6.

Je me suis donc positionné sur un trade short VXXB (qui a remplacé le VXX il y a quelques semaines mais devrait être rapidement renommé “VXX”). Je l’ai fait via l’achat de put VXXB largement dans la money avec un delta de 0.8 environ et une expiration à 2-3 mois. Attention ceci n’est pas une recommandation financière, c’est juste le reflet de ma position.

Market Update – 3 Février 2019

Aperçu des indicateurs de volatilité et tendances des marchés actions US pour vous aider dans votre trading avec une mise à jour spéciale sur les grandes tendances de marché 2019 à la suite de l’annonce de la FED d’arrêter les hausses de taux graduelles ce qui aura un impact majeur sur l’ensemble des classes d’actifs liées

Les grandes tendances et perspectives sur la bourse et les marchés financiers pour 2019

Je n’ai pas de boule de cristal, mais l’idée de cet article est de passer en revue les grandes perspectives macroéconomiques et d’en déduire quels seront les effets sur les différentes classes d’actifs et ainsi orienter votre stratégie financière pour bénéficier des marchés en 2019. J’ai commencé cet article en Novembre après les élections américaines et malgré les secousses sur les marchés depuis mi-décembre, les perspectives restent toujours parfaitement valides.

(suite…)